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Le mercredi 04-03-2009 sera désormais inscrit en bonne place  dans l'histoire chaotique de la Guadeloupe tout comme il aura été incontestablement, une victoire du collectif "Liyannaj kont pwofitasyon" comprenez : "Ensemble contre l'exploitation".
Avec la signature du protocole d'accord pour la suspension de la grève le mercredi soir à 20h (00 h GMT) à Pointe-à-Pitre par le préfet de la région Guadeloupe Nicolas Desforges, Elie Domota porte parole du LKP, ainsi que les présidents du conseil régional de Guadeloupe Victorin Lurel et du conseil général Jacques Gillot, le collectif contre la vie chère en Guadeloupe vient en effet d'obtenir une grande victoire sur la "Gouvernance" des Dom par la Métropole.
Les 44 jours de grève n'ont pas été vains, les sacrifices consentis par la majorité des Guadeloupéens fortement mobilisés derrière le LKP viennent d'être récompensés avec la signature de cet accord qui reprend pratiquement toutes les revendications à l'origine du mouvement de grève.
Bien qu'ayant enregistré le décès du syndicaliste Jacques Binot tué par balle dans la nuit du 17 au 18-02-2009 (par des manifestants) le mouvement de grève n'a pas heureusement connu les mêmes violences  que lors des revendications salariales du 14-02-1952 dans la commune du Moule avec ses 4 morts et plus d'une dizaine de blessés tombés sous les balles des CRS et Gendarmes envoyés en nombre dans la Grande île avec l'ordre de tirer.
Les violences des 25, 26 et 27 Mai 1967 avec leur cortège de dizaines de morts sous les balles des CRS et Gendarmes ont très certainement plané dans les salons feutrés de la République et contraint les Politiques à revoir leur copie et à modérer leurs ardeurs guerrières contre les Grévistes Antillais.
Deux constantes auront aussi marqué ces 44 jours de grève en Guadeloupe et déjà 1 mois en Martinique :
La dénonciation des discriminations en tous genres dont sont victimes les DOM et leurs populations dites autochtones aussi bien de la part de la "République" que des Békés (Guadeloupéens Blancs) et Métro (Français Blancs de la Métropole)
Le sentiment d'être considérés comme des citoyens de seconde zone est largement partagé par tous les Antillais aussi bien aux Antilles qu'en Métropole.
L'autre constante aura été l'absence de revendication indépendantiste bien que discrètement et en sourdine, les mouvements indépendantistes minoritaires aient infiltré le LKP.
Bien que mécontents, discriminés et relégués au rang de citoyens de seconde zone assistés, les Antillais semblent préférer leurs conditions aux indépendances ratées des Africains.
Comme l'a si bien fait remarquer Elie Domota, les avancées obtenues ne sont qu'une étape dans la lutte du Peuple Antillais pour son émancipation.
Pourvu également que cette grève ait pu permettre aux Antillais d'avoir le kilo de banane au même prix qu'en Métropole, voire moins chère.
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