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Dans la nuit du 26-09-2002, le Joola, du nom du  bateau qui assurait la liaison maritime entre Dakar et Ziguinchor au sud du Sénégal, sombrait avec plus de 2000 passagers et bagages dans les profondeurs de L'Atlantique au large de la Gambie.
Depuis lors, cette tragédie inscrite à jamais dans l'histoire tragique du Sénégal n'en finit pas de faire parler d'elle.
Le 6ème anniversaire de cette catastrophe maritime a été célébré, certes dans le recueillement par les familles des victimes et  tout le peuple Sénégalais compatissant, mais le fait marquant aura été sans nul doute, la Justice Française qui s'y est invitée de manière provocante, fort regrettable et préjudiciable aux bonnes relations séculaires entre les deux pays.
Néocolonialisme judiciaire ou justicier des temps modernes est-on tenté de dire.
Comment expliquer la raison des 9 mandats d'arrêt internationaux délivrés le 12-09-2008 par le juge d'instruction français Wilfrid Noël contre, entre autres personnalités sénégalaises, l'ancienne premier ministre Mame Madior Boye, le Général Babacar Gaye ancien chef d'état major de l'armée de terre, Ousseynou Kombo, ancien chef d'état major de la Marine, Meïssa Tamba, ancien chef d'état major de l'armée de l'air ainsi que Youba Sambou et Youssouph Sakho, respectivement ancien ministre des forces armées et ministre des transports du Sénégal?
Le juge Wilfrid Noël D'Evry ne se serait pas comporté de la sorte s'il instruisait un dossier de même nature dans lequel étaient citées des personnalités Françaises de même rang que les Sénégalais qu'il tente d'humilier et au delà, le Sénégal et les Africains.
Heureusement que, cette fois-ci, la réaction des Autorités Sénégalaises a été à la hauteur de l'affront et de ce que d'aucuns qualifient de culot du juge d'instruction Français.
J'espère que le mandat d'arrêt international qu'elles viennent de délivrer le 25-09-2008 contre le juge Wilfrid Noël pour le délit de "forfaiture et actes de nature à jeter le discrédit sur les institutions Sénégalaises" fera réfléchir la Justice et les Autorités Françaises et les aménera à reconnaître la souverainement du Sénégal.
La loi sur la quelle la Justice Française fonde son action dans cette affaire est d'autant plus bâtarde qu'elle semble juste taillée sur mesure pour "tenir" les Dirigeants Africains.
Le juge Wilfrid Noël sait pertinemment que l'affaire du Djola n'est pas réductible à la seule dimension judiciaire et que même, dans ce cadre, il a outrepassé ses prérogatives et montré à quel point, il a manqué de respect, non seulement à ses pairs Sénégalais qui lui ont cependant accueilli et aidé dans sa mission d'instruction à Dakar, mais également manqué de discernement et de respect à l'égard des institutions Sénégalaises.
Au Sénégal comme en France, il existe des exceptions de juridiction en fonction de la qualité de l'auteur d'une infraction tant bien même que le juge réunisse des éléments concordants de nature à justifier la mise-en examen de celui-ci, mis-en-cause.
Peut-être que le juge D'Evry est gagné par cette inconscience collective qui aveugle la majorité des Français au point de les amener à ne voir en L'Homme Africain qu'un individu de seconde zone, incapable d'entrer dans l'histoire.
Certaines familles de victimes qui ont déclaré ouvertement leur manque de confiance et de considération à l'égard de la Justice Sénégalaise ont montré à quel point elles sont minées par la haine et la rancune, elles semblent même prêtes à s'allier avec le diable pour "tuer" ceux et celles qu'elles ont désignés et condamnés d'avance.
Le Juge ne doit pas céder à la pression de ces familles de victimes qui se servent de la Justice pour se venger.
J'en suis même arrivé à me demander si ces familles de victimes qui méprisent tant la Justice Sénégalaise ne sont pas également, et ce, au delà de leur souffrance qu'elles essaient de mettre en avant, tentées de faire monter les enchères pour monayer "leur douleur" dans un sordide marchandage.
A entendre les parties civiles,j'ai comme l'impression que dans cette affaire, elles sont devenues maîtresses des poursuites au pénal.
Peut-être aussi que leurs défenseurs leur ont fait remarquer qu'en général, les dommages et intérêts sont plus conséquents à l'issue d'un jugement au pénal qu'à l'issue d'une transaction au civil.
Peut-être que les familles des victimes Françaises ne sont tout simplement pas satisfaites du montant de 10 millions de frs CFA qui a été alloué pour chaque victime aux familles Sénégalaises éplorées, croyant qu'une victime Française est plus importante qu'une victime Sénégalaise?
A ma connaissance, les nombreuses familles Allemandes des victimes du crash du Concorde à Gonesse n'ont pas fait autant de bruits, encore moins porté plainte contre le ministre Français des transports ou contre L'ADP (Aeroports de Paris pour une lamelle en métal oubliée sur la piste, qui a été à l'origine de la catastrophe).
La responsabilité D'Air France n'a pas, non plus, été engagée au pénal dans cette affaire.
A l'attention de ceux là qui n'ont que doute et mépris à l'adresse de la Justice Africaine, admiration et confiance à l'égard de la Justice Française ; je leur ferai remarquer que L'Affaire de L'Arche de Zoë est encore vivace et indélébile dans nos mémoires http://seckasysteme.afrikblog.com/archives/2008/04/01/8573029.html

sans oublier la répression, les injustices, discriminations, bavures et autres inégalités de traitement sans suite dont sont victimes les individus d'origine Africaine dans le "temple" des Droits de L'Homme.

Nombreuses, en effet, sont les frustrations des victimes d'infraction à la loi pénale, d'origine Africaine à chaque fois qu'elles se sont tournées vers la Justice Française.
Vous aurez compris que dans cette affaire, je ne parle pas du fond, encore moins, que je ne cherche à situer les responsabilités ou dédouaner les mis-en-cause.Je traduis par les mots, la colère et le sentiment de révolte que j'ai ressentis devant la tournure prise par la procédure.
Dans l'affaire dite de L'Arche de Zoë, la France a méprisé la Justice Tchadienne et Africaine, ce qui risque fort de ne pas être le cas cette fois ci.
Tant bien même que la France n'ait plus besoin de L'Afrique noire et des Africains subsahériens, elle n'a pas non plus intérêt à tourner le dos à L'Afrique, cette Afrique qui a tant contribué à son rayonnement à travers le monde.