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Difficile a été l'exercice de communication à la quelle s'est plié le président Sarkosy le jeudi 24-04-2008 à partir du palais de L'Elysée durant plus des 90 mns prévues de 20h 10 mn à 21h 40 mns dans ce "spécial direct de L'Elysée".
Sur ses gardes et plus tendu que d'habitude, le président a été aussi moins convaincant qu'à l'accoutumé dans ses tentatives d'explication et de justification de ce que d'aucuns qualifient d'échec de sa première année d'exercice du pouvoir.

Sarkozy n'a vraiment pas profité de l'occasion qui lui était offerte pour défendre le bilan de son équipe gouvernementale et convaincre de la pertinence de ses choix politiques, les 72 % des Français déçus de sa première année de pouvoir.
Je ne suis pas non plus persuadé que Sarkozy ait réussi à redorer son blason plus que profondément térni, encore moins regagné la confiance de la majorité de ses concitoyens; son image et son autorité étant très sérieusement écornés, atteints et malmenés par les membres de sa propre équipe durant les 6 derniers mois.
Les contradictions, incohérences, errements et autres cacophonies qualifiés de couacs inadmissibles par Sarkozy lui même, au sein du gouvernement en ont agacé plus d'un et semé le trouble dans l'opinion.
Je ne crois pas que l'humilité, le calme et la sobriété affichés par le président aient suffi pour infléchir la courbe de sa cote d'impopularité.
Ses mea-culpa mûrement réfléchis et savamment réitérés ne semblent pas non plus avoir ému la majorité des 12 millions de télespectateurs qui ont suivi la loborieuse prestation du chef de l'état.
Et dire que Sarkozy n'a pas été pourtant mauvais dans l'ensemble de sa prestation, se montrant intransigeant sur le fond de sa politique de réforme, le programme sur le quel et pour lequel il a été élu.
Seulement voilà; les Français n'ont pas entendu ce qu'ils voulaient entendre: à savoir, des mesures spectaculaires et immédiates pour améliorer leur pouvoir d'achat.
Le président Sarkozy s'est plutôt montré fataliste et défaitiste, mettant les difficultés actuelles sur le compte de la mondialisation, des subprimes US, de la spéculation boursière sur les matières premières et sur la hausse effrénée du prix du pétrole. Ainsi aucune réponse n'a été apportée à la préocupation de la majorité des Français plus que jamais confrontés aux fins de mois difficiles.
Et dire que les hausses successives du prix du pétrole ne sont pas pour déplaire à Bercy, les rentrées d'argent n'ayant jamais été aussi importantes avec la TIPP.
Le baril de pétrole qui valait environ 60 dollars US à la même époque de l'année dernière rapportait à L'Etat plus de 42 dollars US, ce même baril de pétrole lui rapporte actuellement plus de 84 dollars US.
Il n'est pas besoin d'être Einschtein pour comprendre que L'Etat a encaissé beaucoup plus de recettes, rien qu'en taxes sur le pétrole, beaucoup plus d'argent que prévu en 2007 avec un baril que les plus optimistes ne voyaient pas franchir la barre des 70 dollars US.
Les grands patrons Français n'ont jamais gagné autant d'argent qu'en 2007,
Les grands groupes Français n'ont jamais eu autant de bénéfices qu'en 2007, L'Etat n'a jamais autant encaissé de taxes en tous genres notamment avec la flambée du prix du pétrole.
Pourquoi alors le gouvernement nous rabâche-t-il les oreilles sans cesse avec ce slogan "Les caisses sont vides" alors qu'il continue son train de vie dispendieux?
Le président n'a pas dérogé à la règle de l'hypocrisie d'état en prêchant la morale et en prônant la rigueur, toujours pour les plus déshérités alors que lui même et ses Amis ne se les appliquent pas.
Le président n'a pas été "bon" parceque la majorité des 12 millions de télespectateurs n'ont pas entendu ce qu'ils voulaient entendre; en effet, ils n'ont pas entendu une déclaration, voire, une décision spectaculaire qui aille dans le sens de l'amélioration de leur pouvoir d'achat.
A l'exception de ses explications sur les raisons du durcissement de ton de la france en Afghanistan, Sarkozy n'a pas gagné beaucoup de points lui permettant de remonter un peu dans les sondages qui lui sont toujours plus que défavorables avec 28 % de satisfaits de sa politique.
L'extension du RSA sur toute l'étendue du territoir n'a pas été accueillie avec enthousiasme, son mode de financement étant flou et incertain et les Français moyens y voyant le signe que ce sont toujours les plus modestes qui payent pour les autres.
Sarkozy sait ce qui lui reste à faire s'il veut regagner beaucoup de points de popularité; il lui suffira en effet de décider de renoncer à une partie de la TIPP pour donner une bouffée d'air à tout le monde, à tous ses concitoyens qui font de plus en plus la grimace en passant à la pompe pour aller au boulot.