Les Guinéens qui commençaient à entrevoir le bout de leurs 50 longues années de dictature(depuis l'indépendance en 1957)se sont réveillés sous les bruits de bottes et les maniféstations violentes,suite à la nomination contestée du premier ministre Eugène Camara.Le bilan des victimes de la repression s'alourdit d'heure en heure;5 morts et des centaines de blessés graves rien que pour la journée de ce samedi 10-02-2007

En Guinée,l'acalmie n'aura été que de courte durée avec la suspension de la grève générale qui avait paralysé tout le pays, du 10-01 au 27-01-2007,suite aux accords tripartites signés entre L'Intercentrale et ses Alliés de la Société civile d'un côté et de l'autre,les Hautes Autorités représentants les Institutions Républicaines et le Président Lansana Conté.
Malheureusement,la nomination du premier ministre qui devait permettre le retour à la paix civile aura été le déclencheur des nouvelles hostilités,Eugène Camara l'élu à la Primature ne faisant pas l'unanimité;plutôt décrié qu'il est, par la majorité des parties prenantes au conflit qui le qualifie d'homme de paille du Dictateur Lansana Conté.
La journée de ce Samedi a été particulièrement sanglante avec son lot de 5 morts(bilan provisoire)et de plus d'une centaine de blessés graves dont la plupart,par balles réelles tirées par les Forces de l'ordre.
La tuerie a commencé ce matin avec la mort de 2 jeunes manifestants abattus par les Bérets rouges du Bataillon autonome spécial Présidentiel au moment où le cortège du Président Conté essuyait des jets de pierres.Le paroxisme de la violence et de la répression a été atteinte à Kankan,où un militaire a ouvert le feu sans sommation sur les manifestants faisant de nombreux blessés.Ce militaire a été ensuite poursuivi,lynché,aspergé d'essence et brûlé vif par la foule en furie.
Aussi bien à Labé,Pita,Siguiry,cité aurifère  à la frontière Malienne,Dinguiraye,cité religieuse,Dalaba et Nzérékoré à 1000km de Conakry,pour ne citer que ces villes;des Préfectures,des édifices publics ainsi que des symboles de L'Etat ont été brûlés ou saccagés par les Manifestants.
A Conakry,c'est le chaos,la résidence du Président Bissao-Guinéen,Nino Viera ainsi que celle du Ministre D'Etat Solana ont été saccagées;les Missions des Nations unies ainsi que les Chancelleries occidentales n'excluent plus l'évacuation de leurs personnels et ressortissants,pour la plupart,vers Dakar.Air France vient de suspendre ses vols sur Conakry;bref,la situation est confuse et trés préoccupante à Conakry.
A mon humble avis,cette fois ci sera la bonne,bien que le sacrifice risque d'être trés lourd;le Dictateur Conté ayant même fait appel à plus de 400 anciens combattants de l'ULIMO,une ancienne milice Liberienne qui était hébergée et entretenue par le Général-Dictateur, du temps où celle-ci combattait Charles Taylor.De source digne de foi,ces mercenaires sont logés dans la commune de Matoto et seraient prêts à mater,comme l'ont fait les militaires Bissao-Guinéens le 22-01-2007(22 morts)toutes manifestations mettant en péril,le régime de Conté.
La Guinée est au bord de l'implosion et malheureusement aucune voix ne s'élève de la Communauté internationale pour condamner et faire pression sur Lansana Conté.
Quel honteux silence!

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